Au risque de dénoncer mes sœurs africaines, je dois évoquer ici cette quête perpétuelle du blanc qui sévit dans mon pays et dans nos foyers. Là tout de suite je pense à cette phrase que le père d'une jeune fille a lancé au mariage de sa fille avec un blanc:"enfin, la galère est finie!". Cela résume bien ce qu'ils et elles ont tous en tête. épouser un blanc signifie toucher le jackpot, c'est la fin des problèmes, c'est la possibilité d'aller à l'étranger, c'est le bonheur assuré quoi!

comment leur en vouloir quand on voit comment l'homme blanc est traité dans ce pays, il a tous les meilleurs postes même si un camerounais plus méritant que lui l'a aussi convoité, tout lui est donné et accessible, son passeport est la couleur de sa peau. L'Europe fait rêver, de jolies vêtements, un travail, le bonheur, la joie, la belle vie.

Ce n'est pas leur faute aux blancs, c'est juste l'éternel complexe d'infériorité du noir. J'en suis même victime, j'ai remis à plus tard la prospection d'un client blanc, tout simplement parce qu'il était blanc. Lorsque j'ai enfin pris mon courage pour l'appeler, je me suis rendue compte qu'en fait c'était un type vraiment sympa, beaucoup plus sympa que bon nombre de noirs que je côtoie.

J'ai une amie qui après maintes péripéties, après le blanc qui lui a fait faire son passeport, a trouvé le blanc qui va l'épouser et l'amener vivre avec lui en France, c'est un homme de 50 ans et elle en a 27. Il pourrait être son grand-père mais bon, on s'en fiche il est sa porte de sortie. Même s'il est ennuyeux, même si il l'appelle 5 fois par jour pour lui raconter à quel point les feuilles de son jardin sont vertes, on s'en fou. Elle doit endurer, supporter, arriver en France ensuite elle pourra lui montrer sa vraie façon de penser.

Le type a déjà fait sa vie, elle n'est qu'une distraction pour lui mais qu'elle importance? La fin justifie les moyens non?

C'est triste, mais comment leur en vouloir, le pays fait peur, le pays tue à petit feu si on a rien à quoi se raccrocher. J'espère qu'elle sait ce qu'elle fait et qu'elle ne se contente pas de suivre une mode.

Beaucoup partent, beaucoup de filles finissent prostituées. Mais c'est un risque à courir. Exactement comme dans le film "Paris à tout prix" de Josephine Ndagnou.